Chapitre troisième : La flamme du Capitole

Êtes-vous déjà rentré dans un de ces bars ? Vous savez, celui au bord du port, sombre, aux fenêtres recouvertes de poussière, tamisant la lumière à l’intérieur. La décoration n’a pas été refaite depuis des décennies. Un zinc interminable derrière lequel s’empile des bouteilles à moitiés vide, dont le dépôt devient visible.

Un vieille homme vous alpaguera et, contre une nouvelle pinte de bière brune, vous parlera de sa vie, de sa jeunesse.

« Tu es jeune, tu n’as pas connu ça. À l’époque, j’habitais près des laboratoires où les failles ont été ouvertes. Nous avons, comme beaucoup d’autre fuis. Nous nous déplacions dans la terreur. Le jour, la marche, éreintante, avec la faim et la soif. La nuit, nous nous blottissions au fond d’une grotte, ou sous une pile de dirt, tel des sauvages troglodytes. Le sommeil ne venait jamais, tourmenté par le sifflement des monstres qui nous tournaient autour. Si par miracle Morphée te prenait dans ses bras, c’était pour te jeter dans des cauchemars horribles, remplis de creepers. »

« Nous avons trouvé refuge à Fort-Haut, comme tant d’autres. J’avais presque des poils au menton, on m’a donnée une épée de cobble et envoyé sur les murailles. La suite, tu la connaîs, nous avons vaincu. »

« Je faisais partie de la garde d’honneur quand les trois fondateurs ont allumé pour la première fois la flamme de la mémoire. Cette flamme, c’est la Lumière, l’espoir qui nous a été apporté. C’est aussi une mémoire envers les erreurs qui ont été faites et les gens qui sont morts à causes d’elles. Les trois fondateurs auraient préféré ne pas se battre ; peut-être pas Belenor ; et c’est pour ça que cette flamme est gravé des mots Ultima ratio regum, signifiant que la violence est le dernier refuge de l’incompétence. Nous devons être fort, intelligent, plus que ceux d’avant. Je ne veux pas revivre ça, personne ne le voudra, même toi qui ne l’a pas vécu. »


« Nous avons gagné la bataille, mais pas la guerre. Chaque nuit, cette flamme ce rallume, accompagnée d’un crescendo de musique. Les mobs sont toujours là. Ils rôdent dans les campagnes la nuit. Cette flamme nous éclaire et cette musique nous réveille, afin que nous soyons sur nos gardes, toujours. »

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